ANGORA

25/01/2010 17:49 par bipolaire

  • ANGORA

    ANGORA

    25/01/2010 17:49 par bipolaire


J’en ai souvent mouillé des sources,
De beaux yeux bleus sous des voiles,
Jamais trouvé le temps d’en rire,
Ni d’en pleurer vraiment…
*
J’en ai toujours gardé la marque,
Celle hors des modes qui lissent
Les belles normes et les polices
À n’en rester que la brousse…
*
Angora, pense à moi,
Ne me lâche pas..!
*
J’en ai encore souhaité le pire,
Faute de mieux, juste un rien
À résumer au vide qui me tient
Encore debout comme personne…
*
Les filles usées et les usines,
Les masques pâles des rues grises,
Tout le cirque à tourner en rond, en crise,
Plutôt bien, dans le maelström…
*
Angora, pense à moi,
Ne me lâche pas..!
*
J’en ai toujours pris la mesure,
Celle qui borne nos limites,
En plus que parfait, en drôle de mode,
En raison de chère folie-douce avérée…
*
Et si juste encore me hérisse
Le poil bleu de mes idées nues,
Je vivrai assez trop tard pour rester vieux,
Pour ne rien perdre de ce que j’ai obtenu…
*
Angora, pense à moi,
Ne me lâche pas..!
.
***
.
DSMoon (Airblues / 2010)


RAYHANA

23/01/2010 07:02 par bipolaire

  • RAYHANA

    RAYHANA

    23/01/2010 07:02 par bipolaire


Se cacher ou partir en fumée,
Rester une entre toutes les femmes,
Une de plus à lapider par Amour
D’un dieu qui n’existe que par et pour Lui…
*
Lui, c’est l’Homme dans toute sa spleen-peur,
C’est le slip khan-gourou de la Toute-Puissance,
Celui qui luit et s’évanouit comme la glace noire,
Fondant au premier rayon de soleil…
*
Ne jamais laisser aux végétaliens
Le monopôle de la défense des animaux,
Ne jamais déléguer aux survivants
L’exclusivité de la lutte contre le racisme:
*
Je pose cet article pour çà:
C’est aux bouchers des abattoirs
Que je confie le respect de leur profession,
Comme aux guides des fois la bonne parole…
*
1% de motards morbides sur la 66,
1% de fous terroristes dans le 93,
1% de votes racistes dans les urnes,
Ça resterait brûlant, malgré les 99% restant muets…
*
On est loin des contes de fées,
On est loin du monde global,
Ou simplement européen sinon occidental,
On est loin du compte...
*
Se cacher ou brûler à vif,
Dans un Paris du 20ième arrondissement
Où les boutiquiers locaux ferment la porte
À une fille imbibée d’essence, par précaution…
*
Ces commerçants garderont le droit de voter
Pour une politique plus sécuritaire encore,
Et les nanas à incendier-vives resteront sur le trottoir,
Et les Experts mystiques resteront muets…
*
Se cacher ou partir en fumée,
Rester une entre toutes les femmes,
Une de plus à lapider par Amour
D’un dieu qui n’existe que par et pour Lui…
*
Lui, c’est l’Homme dans toute sa spleen-peur,
C’est le slip khan-gourou de la Toute-Puissance,
Celui qui luit et s’évanouit comme la glace noire,
Fondant au premier rayon de soleil…


* * *

 
DSMoon ( Algérienne / 2010 )



Code 12

20/01/2010 16:15 par bipolaire

  • Code 12

    Code 12

    20/01/2010 16:15 par bipolaire


Juste un code pour se croiser enfin,
En plein fard virtuel, à nous dénuder pour le compte,
Pour un conte de fée en fait, pour un avenir possible…
*
Tu peux voiler notre bon œil, cacher tes feux,
De l’aube à l’aube, sans nulle borne à poser,
Juste un feu de cruise à flusher pour le conte…
*
De fait, on en reste muet, on en garde ses mobiles
Dans le vent du Nord, sans boussole, sans aucune trace,
Et nos polices se cherchent dans le Verdana…
*
Juste un code ou un à-priori à accepter,
Pour continuer la virtuelle vie d’un lien de rien
Qui nous manque à chaque soir, avant le somme…
*
Plusieurs ne s’endorment qu’après avoir tout vidé,
Même les vides, les vidanges, les trous noirs,
Jusqu’à leur océan si bleu, leur nuit noire du jour…
*
N’avouez jamais, n’avouez jamais..!
*


DSMoon ( N’Infoman / 2012 )







HAÏTI

15/01/2010 17:03 par bipolaire

  • HAÏTI

    HAÏTI

    15/01/2010 17:03 par bipolaire

Encore un vendredi sans trésor, sans chiffre 13 à jouer,
Sans ni or ni vermeil à poser sur le col du smoking,
Tout reste parti en fumée blanche, comme la neige,
Sans odeur de tabac, sans rien for le monde entier
Qui tourne sa roue dans le silence…
*
Je vous sais obnubilé par les ruines d’ici ou là,
Par les cataclysmes lointains, si proches désormais,
Je vous devine sens dessus-dessous, du haut de votre tour,
Ou au raz de votre gazon tondu par un Bosch’ ustensile,
Pour parfaire un ordre mondial incontournable…
*
Gazon maudit d’un monde asexué, juste côté par les bourses,
Avec les joueurs ad-hoc, et les victimes logiquement attendues:
Haïti a son lot de victimes annuel, comme tous les ans,
Le Vous-doux n’ayant plus la côte, finalement…
*
Là-bas ou là-haut s’empilent les dons des Céline,
Juste pour justifier la belle globalité nouvelle,
Quand les vrais immeubles en béton s’écroulent,
Après les crues d’avant, noyées dans un silence médiatique,
Parce qu’il est prouvé qu’un toit de carton ne tue pas,
Et qu’un bloc de béton fait des morts de toute beauté…
*
Nos chiens sont rassurés, et leurs maîtres aussi:
Ils ont ressuscité 13 touristes américains,
Et c’est réellement du bon travail…
Pardonnez mes offenses si je pense à un autre tiers-monde,
Aux enfants des crèches, au personnel des Administrations,
À tous ceux qui ont pogné l’accident de travail en plein job,
Les ingénieurs du Cantal, comme tant d’autres…
*
Ce soir, des gens sont en attente d’un coup de fil,
Ou d’un courriel enfin possible:
Ce soir, je resterai de glace versus la météo:
Juste me dirai que tout est dans Tout,
Sans doute pour me rassurer si besoin,
Surtout pour ne jamais tomber victime de la mode,
Même la moins suspecte à envisager…
*
Le Voodoo et les autres croyances n’y pourront rien:
Juste nous restera toujours la réalité d’un univers sans concession à vendre,
Avec un virtuel à vivre perso’ en sage propriétaire mortel,
Mortel, tout simplement..!:)
*
DSMoon (Haïti sans tyrolienne / 2010)




DIDI

08/01/2010 19:20 par bipolaire

  • DIDI

    DIDI

    08/01/2010 19:20 par bipolaire


Tu voulais quoi, finalement..?
- Rester la seule présence dans tous mes beaux derniers jours ?
- Devenir celle capable de me faire oublier mes souvenirs?
- Avoir enfin la barre de mon navire dans la tempête?
*
Juste te dire que je suis né solitaire ,
Sans aide à attendre, juste un diamant,
Juste la bonne clef pour un paradis en close...
*
Tu voulais quoi, finalement..?
- Un accueil sur tapis rouge ?
- Un escalier cannois à monter ?
- Une célébration du style C.A.N. togolaise ?
*
Juste te dire que je fuis les fêtes,
Que je suis l’un de ceux qui s’évadent
Loin des flonflons des majorettes…
***
DSMoon ( Maldieu à ma Didi / 2010 )

DESJARDINS

07/01/2010 18:46 par bipolaire

  • DESJARDINS

    DESJARDINS

    07/01/2010 18:46 par bipolaire

Dépression au-dessus du jardin
*Alain Bashung*
(Album: Souviens-toi de m'oublier)
*
Dépression au-dessus du jardin...
Ton expression est au chagrin:
Tu as lâché ma main
Comme si de rien
N'était de l'été... C'est la fin
Les fleurs ont perdu leurs parfums
Qu'emporte, un à un,
Le temps assassin...

Dépression au-dessus du jardin...
J'ai l'impression que c'est la fin:
Je te sens soudain
Tellement loin,
Tu t'es égarée en chemin
Tu essaies de me faire croire en vain
Que l'amour reviendra
L'été prochain…
***


DS’ Nerveuse Dépression / 2010
*
Sponsoring :
Banque Desjardins-Québec 




POUR TOI

05/01/2010 17:44 par bipolaire

  • POUR TOI

    POUR TOI

    05/01/2010 17:44 par bipolaire

À toi 

( Léo Ferré)

*


La forêt qui s'élance au ciel comme une verge
Les serments naufragés qui errent sur la berge
Les oiseaux dénoncés que le chasseur flamberge

Les diamants constellés qui fuient les pâles couches
Tous les yeux de la rue qui crèvent sur ta bouche
Le pavé que tu foules et ma voix que tu touches

Les amants accolés muets comme la cire
Les culottes des femmes où le monde se mire
Les fauves repentis qui rendent des martyrs

Le ventre des pendus qui coule des potences
Les noces pathétiques où les larmes sont rances
Les émigrants qui n'ont jamais de pain d'avance

Les mains transfigurées qui règlent la tzigane
Baudelaire et Shakespeare au chevet des profanes
Les chevaux condamnés et leur dernière avoine

La voix pour commander à mille couturières
Un lit avec le Parthénon comme litière
Le catéchisme de la joie la vie entière

Des violons barrissant les complaintes futures
Des tonnes de crachats sur la Critiquature
Le vent du large et des bûchers pour les clôtures

Des langues pour parler aux Chinois faméliques
Des poumons pour souffler au ventre des phtisiques
Des javas pour brouiller les chants patriotiques

Le ruisseau qui jouit jusqu'au Havre sans trêve
Le malheureux le chien qui meurt l'homme qui crève
Le sang des femmes qui sont mortes sans un rêve

Les cheveux élagués qui cherchent des caresses
Le remord amical du prêtre qui confesse
Les yeux des tout-petits riboulant de tendresse

L'orgue de la nature au souffle de violettes
Les rendez-vous mystérieux sous la voilette
Le numéro que tu voulais à la roulette

Les portes de secours battant sur les étoiles
Les Vendredis des Robinsons des capitales
La boussole des veuves aveugles sous leur voile

Le vain espoir des mitraillés sous la mitraille
La poitrine qui bat sous les pâles médailles
Les Jésus désertant le fruit de tes entrailles

Les dentelles flottant au nez de la misère
Le loup blessé à mort qu'on regarde se taire
Le chant du coq et le silence de saint Pierre

Les cœurs déchiquetés qui parlent aux fantômes
Les gens de bien qui ont désintégré l'atome
Le Capital qui joue aux dés Notre Royaume

ET PUIS le majuscule ennui qui nous sclérose
Mon pauvre amour car nous pensons les mêmes choses
En attendant que l'Ange nous métamorphose

ROI LION

04/01/2010 19:55 par bipolaire

  • ROI LION

    ROI LION

    04/01/2010 19:55 par bipolaire

La nostalgie
( Léo Ferré )


Album: Il est six heures ici… et midi à New York
Ils n'ont de noir qu'un faux drapeau de soixante-huit
Tout est clair dans leurs gestes, ils t'apportent la guerre
Ils passent dans la rue, ouvre-leur tes habits
Ils y coudront dessus leur ouverture-éclair

Et si jamais la nostalgie te prend
Tu peux toujours imaginer le pire
Sans que jamais personne ne puisse dire
Quand ça viendra, quand ça viendra

Et si jamais la nostalgie te prend
Tu peux toujours essayer de poursuivre
Cette comète noire qui t'enivre
Et qui s'en va, et qui s'en va

Ils n'ont de noir qu'un peu de ce ciel engagé
Tout est clair dans leur yeux, ils regardent la fièvre
Ils moissonnent tes rêves au-dessus des pavés
Ils mouilleront leur pain trempé dedans tes lèvres

Et si jamais la nostalgie te prend
Tu peux toujours croire que ça fonctionne
Et que l'amour, ça rend les idées bonnes
Après demain, après demain

Et si jamais la nostalgie te prend
Tu peux toujours tenter de faire en sorte
Que les idées ouvrent grandes les portes
Avec tes mains, avec tes mains

Ils n'ont de noir qu'un peu de cette raison d'or
Qui grandit la folie au-dessus du courage
Qui fait la vie patiente et inquiète la mort
Qui arrête le temps à la dernière page

Et si jamais la nostalgie te prend
Tu peux toujours la crier dans la rue
Et dire au monde que tu ne veux plus
Perdre ta vie, perdre ta vie

Et si jamais la nostalgie te prend
Tu peux toujours la regarder en face
Avec tes poings et tu verras que passe

La nostalgie


LAURA SMET

04/01/2010 17:25 par bipolaire

  • LAURA SMET

    LAURA SMET

    04/01/2010 17:25 par bipolaire

Juste une douce pensée en passant :

On ne choisit pas ses parents,

On ne choisit pas sa famille,

On en tourne au pire pour nous,

Sans en avoir vraiment le choix..! :(

*

DSMoon ( Special dedicace à Laura Smet  )

 

2010

01/01/2010 21:41 par bipolaire

  • 2010

    2010

    01/01/2010 21:41 par bipolaire

Madame rêve
(Alain Bashung)

*

Madame rêve d'atomiseurs
Et de cylindres si longs
Qu'ils sont les seuls
Qui la remplissent de bonheur
Madame rêve d'artifices
Des formes oblongues
Et de totems qui la punissent

Rêve d'archipels
De vagues perpétuelles
Sismiques et sensuelles

D'un amour qui la flingue
D'une fusée qui l'épingle
Au ciel, 
ô Ciel..l

On est loin des amours de loin
On est loin des amours de loin
On est loin

Madame rêve ad libitum
Comme si c'était tout comme
Dans les prières
Qui emprisonnent et vous libèrent
Madame rêve d'apesanteur
Des heures des heures
De voltige à plusieurs

Rêve de fougères
De foudres et de guerres
A faire et à refaire

D'un amour qui la flingue
D'une fusée qui l'épingle
Au ciel 
 Ô ciel..!  

On est loin des amours de loin
On est loin des amours de loin
On est loin

Madame rêve
Au ciel
Madame rêve 
Ô  ciel
Madame rêve...

Bonne année 2010 ! :)